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France D’Amour : Trouver le bon collaborateur – la complicité avant tout


France d’Amour a toujours défendu son ardent désir de faire ce qu’elle aime. Après deux premiers disques au son résolument rock (Animal en 1992 et Déchaînée en 1994) qui la révèlent au grand public, l’auteure-compositrice-interprète amorce un virage en douceur. En 1998, elle lance Le Silence des roses, un album plus intimiste duquel surgissent deux chansons succès, « Je comprends » et « Si c’était vrai ». Elle fait partie de la troupe de Notre-Dame de Paris, où elle a joue le rôle d’Esméralda, sept soirs sur sept. Au moment de la parution de l’article en mars 2000, France préparait également un quatrième album.


Tu aimes créer tes chansons avec d’autres artistes. Sur ton dernier disque, on retrouvait, entre autres, des musiques de Stéphane Dufour et des textes de Roger Tabra. Existe-t-il une recette pour trouver les bons collaborateurs?
Il faut être à l’affût. Rester ouvert. Compter sur le hasard, les coups de cœur, le destin. Observer son entourage. Toutes les occasions sont bonnes, même au dépanneur ! Par exemple, Tabra, je l’ai rencontré par l’intermédiaire d’Éric Lapointe, un ami. Il n’y a pas de règle.

Pour mon prochain album, je vais travailler avec Francis Basset, qui a signé « Toute ma religion » sur Le Silence des roses, et qui a écrit « Le Saule » pour Isabelle Boulay. Lui, je l’ai connu d’une manière plus officielle. Les gens de chez BMG France m’ont présenté des réalisateurs. L’un d’eux m’a mise en contact avec Francis Basset, avec qui j’ai senti une bonne complicité. On est resté liés et on va collaborer ensemble. Les bons textes, ce n’est facile à écrire, ni facile à trouver. Surtout pour moi, qui suis musicienne au départ.


Et à quoi ressemble le collaborateur idéal?
L’admiration est primordiale. Faut avoir un coup de cœur. Faut que le talent de cette personne serve d’inspiration. Après, c’est une question de chimie. Si on ne sympathise pas dès le début, rien n’arrivera. Il y a des gens excessivement talentueux avec qui il est extrêmement difficile de travailler. Le côté artistique vient donc avant l’aspect humain.

J’ajouterais qu’il faut éviter les conflits d’ego et être plutôt axé sur l’harmonie. Il faut que le plaisir règne; c’est ce qui favorise la création. Faire une chanson, ce n’est pas une compétition. À mon avis, la rivalité est malsaine. Parolier et musicien doivent avoir la même vision, aller dans le même sens. Et, bien sûr, le résultat doit me toucher. Il faut que je ressente l’émotion. En choisissant des gens qu’on admire ou qu’on apprécie, on s’assure que la personne nous ressemble un minimum.


Les maisons d’édition, est-ce un bon endroit pour trouver des paroliers?
Personnellement, je n’y ai jamais eu recours. Je suis sûre que ça marche pour certains, mais je préfère travailler avec des amis, des gens que j’aime, plutôt qu’avec des inconnus qui détiennent un titre officiel. Une chanson répertoriée dans un catalogue pourrait très bien me faire tripper, sauf que je n’en consulte jamais. Je suis plus portée à découvrir des alter ego… ayant un point de vue différent du mien. J’aime embarquer dans le trip de quelqu’un d’autre. Voir où ça me mènera. Cette façon de faire devient de plus en plus importante pour moi. Au début, il est normal d’écrire davantage à la première personne mais avec le temps, l’envie d’être nombriliste passe.


Est-ce que de travailler sur plusieurs albums avec un même parolier te semble bon?
J’imagine que si j’ai envie de travailler avec quelqu’un pendant 10 ans, c’est qu’il se passe quelque chose d’important entre nous. Toutefois, je ne sais pas si c’est ce que je veux. Tout ce que je sais, c’est que la rencontre avec un bon collaborateur est primordiale. C’est un peu comme trouver une âme sœur. Parce que c’est quelqu’un qui va aussi t’aider dans d’autres domaines de la vie.


(Entrevue par Jean-Christophe Laurence.)


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